Broyeur vertical LM
L’option ligne unique : broyage, séchage et classement dans une enceinte, jusqu’à plusieurs centaines de tonnes par heure. Le choix du meilleur rendement électrique.
Voir la fiche
Ce que les marchés anglo-saxons notent 80 à 100 tph est une famille à part : au-dessus de 80 tonnes par heure, la ligne ne se déduit plus d’un catalogue de machines, elle se calcule poste par poste, jusqu’au kVA du transformateur.
Ordres de grandeur pour un broyage de minéral industriel à 200 mesh.
Une ligne de broyage de 80 à 100 tonnes par heure est un poste industriel à part entière : elle dépasse les possibilités d’un broyeur horizontal unitaire, elle appelle plusieurs mégawatts, et son bilan électrique se dessine en même temps que le procédé, pas après lui. Deux variables commandent tout le reste : la cible de finesse et la nature de l’aliment.
À 200 mesh pour un laitier ou un calcaire de correction, la dépense se situe entre 30 et 35 kWh par tonne appelée. À 325 mesh pour une charge blanche, on glisse vers 45 kWh et davantage. Cette seule différence change le nombre de lignes, le moteur principal et le poste de transformation.
Les broyeurs horizontaux à rouleaux s’arrêtent vers 45 à 55 t/h par unité. Tenir 80 à 100 t/h revient donc à trancher entre deux schémas : une ligne verticale unique, dont le broyeur principal avoisine 2 000 à 2 800 kW, ou deux lignes horizontales en parallèle à 40-50 t/h chacune. Le vertical offre le meilleur rendement électrique et un séchage intégré si l’aliment est humide ; le parallèle rend la demi-production exploitable pendant une maintenance et répand le risque. Sur un réseau de qualité moyenne, c’est souvent l’argument électrique qui fait pencher vers le parallèle, parce qu’il divise aussi le courant d’appel.
Du parc d’aliment à la palette filmée, la répartition de la puissance est plus équilibrée qu’on ne l’imagine : le broyeur principal absorbe la moitié de l’appel, mais l’air et les auxiliaires pèsent lourd. Les valeurs ci-dessous sont des ordres de grandeur pour 90 t/h à 200 mesh, en régime établi.
| Alimentation et reprise : donneur vibrant, élévateurs, crible de surdimension | de l’ordre de 150 à 250 kW |
| Broyage : moteur principal, classifieur, reprise des refus | 2 200 à 2 800 kW |
| Air et séchage : ventilateur de boucle, aspirateur du filtre, générateur d’air chaud si aliment humide | 600 à 900 kW |
| Stockage et emballage : silo tampon, diverteurs, ensacheuse, palettiseur | 200 à 300 kW |
| Auxiliaires : compresseur, eau de refroidissement, dosage, armoires | 150 à 250 kW |
Deux enseignements. La boucle d’air, deuxième consommateur derrière le broyeur, se règle au débit d’air nominal de la machine : un réseau sous-dimensionné la fait tourner en pure perte. Et les 400 à 600 kW du dernier rang, invisibles sur les plaquettes commerciales, doivent figurer dans le bilan électrique dès l’étude.
Le transformateur ne se dimensionne pas sur la somme des puissances posées, mais sur la puissance appelée simultanément. Le chemin de calcul est connu : capacité fois énergie spécifique, soit 90 × 35 ≈ 3 150 kW courants ; ramenés à un cosinus phi corrigé à 0,9 par batteries automatiques, cela fait 3 500 kVA ; majorés d’une dizaine de pourcents pour les auxiliaires appelés à coïncider, on approche 3 900 kVA. En retenant un chargement usuel de 80 % du poste en pointe, le standard 5 000 kVA s’impose de lui-même, réserve comprise.
La puissance installée, elle, tourne autour de 4 000 à 4 500 kW à cause des machines appelées à fonctionner par intermittence, donneur, cribles, ensacheuses, et du fait que le moteur principal est calibré pour l’aliment le plus dur rencontré, pas pour la moyenne.
Une ligne de cette classe ne se met pas en marche d’un geste : elle démarre à rebours du procédé — dépoussiérage, ventilateur, classifieur, broyeur à vide, puis alimentation croissante — et searrêt dans l’ordre inverse pour vider la boucle. Les petits servomoteurs passent en couplage direct ; le moteur principal et les gros ventilateurs exigent un démarrage progressif ou un variateur, sous peine d’un appel de 5 à 7 fois le courant nominal qui fait chuter la tension de tout le site. Le critère côté utility tient en une phrase : le creux de tension au départ du plus gros moteur doit rester sous environ 10 %.
Trois avenirs consomment plus que le jour de la réception. D’abord le client : un passage de 75 à 45 µm peut doubler la dépense par tonne, et la ligne devra le tenir sans changer de transformateur. Ensuite l’usure : rouleaux et grilles épuisés augmentent progressivement l’ampérage à débit constant. Enfin le climat : en été, l’air plus chaud diminue le rendement des ventilateurs et du séchage, à puissance égale appelée. Une réserve de 20 à 25 % sur la puissance courante — d’où le 5 000 kVA pour 3 900 kVA calculés — protège ces trois scenarios ; la combler après coup suppose de remplacer le poste, avec arrêt longue durée à la clé.
Quatre vérifications électriques avant de signer le dossier de raccordement.
Sur un site isolé, l’étude électrique peut inverser le choix machine : deux lignes de 45 t/h appelant chacune un petit démarrage progressif pèsent moins sur un réseau long que le démarrage d’un monobloc de 2 500 kW. Le dimensionnement du poste se conduit alors avec le concessionnaire, dès l’esquisse du procédé, et non comme une contrainte révélée au câblage. C’est la raison pour laquelle une capacité de 80 à 100 t/h se discute d’abord en kilowatts, ensuite en tonnes.
L’option ligne unique : broyage, séchage et classement dans une enceinte, jusqu’à plusieurs centaines de tonnes par heure. Le choix du meilleur rendement électrique.
Voir la ficheConçu pour les demi-fins à fort passage : granulométries de correction, laitiers, cru. À 80-100 t/h en 200 mesh et moins, il évite le couplage de deux machines.
Voir la ficheEn parallèle de deux unités à 40-50 t/h : suivi de charge et de vibration, demi-production conservée pendant la maintenance, appels de courant divisés.
Voir la ficheLa variante parallèle éprouvée : deux trains identiques, une conduite simple, un risque de réseau réduit, au prix d’une puissance installée un peu plus généreuse.
Voir la ficheLe calcul part de la puissance appelée, pas des plaques signalétiques. À 90 t/h et 35 kWh par tonne, la ligne appelle environ 3 150 kW en régime établi ; ramenés à un cosinus phi corrigé de 0,9, cela fait 3 500 kVA, majorés d’une dizaine de pourcents pour les auxiliaires appelés à coïncider, on approche 3 900 kVA, ce qui conduit à un poste standard de 5 000 kVA, réserve de 20 à 25 % incluse.
Les deux architectures tiennent. Un broyeur vertical unique de 80 à 100 t/h demande plusieurs mégawatts et un démarrage progressif, mais son rendement électrique est le meilleur. Deux lignes horizontales de 40 à 50 t/h coûtent davantage de kilowatts installés et de génie civil, et permettent de maintenir la moitié de la production pendant une maintenance ; c’est souvent le critère décisif sur un réseau au dimensionnement juste.
Le couplage direct reste réservé aux petits servomoteurs, grossièrement jusqu’à 55 à 90 kW selon l’impédance du poste ; au-delà, étoile-triangle ou démarreur progressif, et variateur quand la fonction s’y prête. Le moteur principal d’un broyeur de cette classe démarre à vide puis se charge progressivement pendant que l’alimentation monte, pour tenir le creux de tension sous environ 10 %.
Environ un quart de la puissance courante. Elle couvre trois avenirs : un resserrement de la finesse, car passer de 75 à 45 µm peut doubler la dépense par tonne ; la hausse de consommation liée à l’usure des organes broyants ; et les fortes chaleurs, qui dégradent le rendement des auxiliaires à air. Une réserve trop juste oblige à changer le transformateur, ce qui se compte en semaines d’arrêt, pas en jours.
Quatre pages pour relier la capacité à la machine, puis au kVA.

Les cibles de finesse du calcaire industriel et leurs conséquences : débit, énergie par tonne, besoin de séchage sur aliment humide.

La fiche de la machine qui, seule, couvre la plage 80 à 100 t/h, avec son enveloppe de puissance et son classifieur.

Le lot électrique conduit avec le procédé : étude de raccordement, plans de tableau, séquences de démarrage et d’arrêt.

Des installations à haut débit déjà conduites, avec leurs ordres de grandeur de consommation par tonne.